Soucieux de connaître l’opinion du public sur ses vins, l’Office de Promotion des Produits agricoles de Genève a décidé d’effectuer une enquête détaillée portant sur l’image, la consommation, les prix et la diffusion des vins de Genève. Mandaté pour cette mission, MIS TREND, un institut de sondage lausannois à donc posé une série de questions ciblées à un échantillon de la population genevoise. Ces résultats ont été mis en parallèle avec ceux obtenus avec les mêmes questions en 2006 et en 2002. A l’issue de cette analyse, l’OPAGE se frotte les mains car les résultats de cette enquête de grande envergure montrent une évolution positive des différents critères de recherche.
Visant à découvrir les habitudes de consommation et d’achat de la population genevoise cette enquête s’est également portée sur les lieux d’achat et la fréquence à laquelle le Genevois moyen aime à s’ouvrir une petite bouteille. En plus de ses habitudes, L’OPAGE a évidemment voulu connaître l’opinion du public genevois sur les vins de son canton. Réalisée par sondages téléphoniques, cette étude a porté en 2010 sur 502 consommateurs, âgés de 18 à 74 ans et résidants sur le territoire genevois. Si les numéros ont été choisis par hasard, les enquêteurs ont veillé à respecter les quotas de sexe et d’âge avec un souci d’objectivité. Ainsi hommes et femmes sont représentés à part égales, un équilibre qui se retrouve d’ailleurs dans la fourchette des âges.
L’analyse des résultats révèle quelques changements intéressants. Tout d’abord, on constate une augmentation d’environ 6 % de la consommation mensuelle de vin chez les hommes et dans les foyers modestes. Après avoir longtemps souffert d’une image vieillotte, le vin semble donc redevenir un produit à la mode auprès des jeunes puisque l’augmentation atteint les 12 % chez les 18-34 ans. Ces mêmes jeunes ainsi que les foyers supérieurs et les non-citadins consomment aussi plus de vin Genevois au restaurant. En effet, ils sont 8% de plus en 2010 qu’en 2002 à choisir un cru cantonal au restau du coin. Cela dit, cette augmentation a un petit goût amer puisqu’ils sont 7% de moins à être satisfaits du choix des vins dans les établissement du canton.
Pour ce qui est de l’achat des vins, les grandes surfaces ne voient pas leur popularité changer mais l’enquête montre qu’avec 41% des sondés qui y jugent le choix des vins genevois suffisant et 40% qui le trouve insatisfaisant, il y a clairement matière à réfléchir. Les magasins spécialisés, eux, font de plus en plus d’heureux quant aux choix de vins genevois qu’ils proposent. Les prix qui augmentent ne semblent gêner personne car ils sont 16% de plus qu’en 2002 à trouver le rapport qualité prix juste voir intéressant.
L’OPAGE et les vignerons du canton peuvent se féliciter car 66% des sondés affirment que la qualité des vins de Genève est très bonne alors qu’ils n’étaient que 48% en 2002 et 50% en 2006 à tenir ce discours. Ils sont aussi 10% de plus qu’en 2002 à qualifier ces vins de “haut de gamme”. Parallèlement à cette satisfaction grandissante, on recense de moins en moins de gens qui n’ont aucune opinion sur la question. Le vin gagne donc incontestablement du terrain. Il faut cependant noter que deux tiers de la population considèrent les vins genevois comme étant de moyenne gamme.
Si le vin du bout du lac reste pour la plupart un produit sans prestige exceptionnel, les efforts de qualité et de promotion entrepris par les vignerons et l’OPAGE semblent porter leurs fruits puisque la consommation et la satisfaction augmentent de manière significative. Les gens boivent plus, surtout les jeunes. Les femmes s’y intéressent de plus en plus et trouvent que la qualité augmente. Finalement, malgré la hausse des prix, les Genevois trouvent leurs vins bon marché. En espérant que les prix ne flambent pas à la publication de ces résultats, il reste aux vignerons genevois à garder cette ligne qualitative tout en s'efforcer d'encore améliorer son image.
Réjane Piatti
© RomanDuVin.ch 2010